Nouveau Décret des Certificats Blancs : Quelles sont les nouveautés en 2025

Les Certificats Blancs, ou Titres d’Efficacité Énergétique (TEE), sont un mécanisme d’incitation qui récompense les économies d’énergie réalisées grâce à des interventions d’efficacité énergétique. Chaque TEE équivaut à l’économie d’une tonne équivalente pétrole (1 TEP).

Géré par le GSE, le système oblige les distributeurs d’énergie à atteindre des objectifs annuels de réduction de consommation en achetant ou en générant des TEE via des projets approuvés. Les entreprises, ESCo et entités publiques ou privées peuvent y participer si leurs interventions respectent les fiches techniques et les critères du DM MASE 21 juillet 2025.

Le nouveau décret apporte des mises à jour importantes par rapport à la réglementation précédente (2021–2024), simplifiant les procédures, élargissant les interventions éligibles et renforçant le rôle du GSE dans la gestion des projets.

Un cadre plus clair et stable

Le décret prévoit une planification des TEE jusqu’en 2030, dépassant la logique des renouvellements à court terme. Les obligations de réduction de consommation pour les distributeurs d’électricité et de gaz sont mises à jour progressivement, offrant plus de prévisibilité aux entreprises investissant dans l’efficacité énergétique.

Le GSE assume la responsabilité complète de l’évaluation, de la vérification et de la gestion des projets, en collaboration avec l’ENEA pour les aspects techniques.

Principales différences avec l’ancien décret

Par rapport au cadre 2021-2024, le nouveau décret introduit plusieurs changements substantiels :

1. Horizon temporel étendu

La planification s’étend maintenant jusqu’en 2030, avec des objectifs plus ambitieux et des mécanismes flexibles pour la reconnaissance des TEE, permettant aux entreprises de planifier des interventions structurelles à long terme.

2. Nouvelles interventions éligibles

La Tableau 1 du décret liste de nouvelles catégories, notamment :

  • Systèmes d’automatisation et de contrôle intelligents ;
  • Digitalisation des processus de production ;
  • Installations ORC pour la récupération d’énergie ;
  • Rénovation profonde des bâtiments industriels (« deep retrofit ») ;
  • Systèmes d’éclairage LED avec gestion automatisée ;
  • Récupération de chaleur provenant des procédés industriels et de la regazéification de GNL.

Les interventions combinant efficacité énergétique, digitalisation et suivi sont particulièrement valorisées.

3. Projets agrégés entre plusieurs entités

Le décret permet aux interventions de différents acteurs d’être agrégées en un seul projet si elles appartiennent à la même catégorie et si les économies annuelles totales ne dépassent pas 50 TEP.
Tous les propriétaires signent un contrat type, reconnaissant les TEE directement au bénéficiaire proposant le projet. Les groupements temporaires d’entreprises ou formes associatives de privés peuvent être titulaires du projet si chaque participant contribue à l’investissement, avec un mandat collectif spécial confié à l’une des entités pour agir au nom de tous.

4. Procédures simplifiées

Les interventions standardisées (éclairage, moteurs électriques, air comprimé) suivent un processus d’approbation plus rapide, tandis que les interventions complexes maintiennent la procédure à consuntif avec des règles de calcul plus claires et une détermination de la base de référence transparente.

5. Nouvelles règles pour la baseline

Pour déterminer la consommation de base, le porteur de projet doit considérer les mesures de consommation et des variables opérationnelles sur au moins 12 mois avant le projet, avec un échantillonnage quotidien. Les données post-mise en œuvre peuvent également être utilisées si elles sont représentatives des conditions pré-intervention. Le porteur de projet doit identifier les variables clés affectant la consommation et les mesurer correctement.

6. Cumulabilité et aides

Le décret précise les cas où les TEE peuvent être cumulés avec d’autres aides (crédits d’impôt, contributions régionales), sans dépasser 100 % du coût de l’investissement.

7. Durée de vie utile

Pour certaines interventions industrielles, la durée de vie reconnue pour le calcul des économies passe de 5 à 7 ans, valorisant les projets structurels à moyen et long terme.

Une opportunité concrète pour les entreprises

Le décret renforce les Certificats Blancs comme outil concret pour financer l’efficacité énergétique dans les secteurs industriel, civil et tertiaire.
Les demandes de reconnaissance des TEE peuvent être soumises au GSE via le portail TEE 2.0 à partir de septembre 2025.

En résumé, le DM 21 juillet 2025 constitue une révision structurelle du système des Certificats Blancs : règles plus claires, plus d’interventions éligibles, plus de stabilité. Pour les entreprises et ESCo, l’efficacité énergétique devient non seulement un objectif environnemental, mais aussi un investissement tangible et durable.

Catégories
Tech
Date de parution
22 janvier 2026
Temps de lecture
4 minutes
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